Voici un carnet de bord de mon année de trail 2026. Celle-ci s'annonce bien différente de 2025 avec seulement un seul dossard au programme, celui du Nice by UTMB, 165 km 9000 m D+ / D- le 25 septembre. Et davantage de sorties OFF et en auto-suffisance. Le but de cet espace est de partager mes méthodes, découvertes, essais-erreurs, et accumuler ensemble de l'expérience pour nourir projets et reflexions autour de l'ultra-endurance. Belle lecture !


Janvier

Reprise après quasiment 2 mois d'arrêt

05/01/2026

Depuis fin novembre 2025, la course à pied a quasiment disparu de ma vie. J'ai souhaité ne plus en entendre parler, mes récentes pérégrinations réunionnaises ayant probablement eu raison de mon envie de courir. À la place, j'ai décidé de m'engouffrer pleinement dans la formation pour devenir coach Tarzan Movement. Je prendrai bientôt le temps de détailler cet entraînement incroyable qui a, dans une certaine mesure, complété mon puzzle d'athlète de manière inattendue.

En ce début d'année, le goût de l'exploration commence néanmoins à revenir, et avec lui l'envie de poursuivre ma quête de 100 miles inachevée. Les jambes se remettent à fourmiler, et cela me rassure, car certaines préoccupations sur le fait de ne plus éprouver l'envie de recourir commençaient à parsemer mon esprit. C'est donc le moment de reprendre. Pour cela, on va y aller tout doux, sans pression ni objectif autre que de relancer tranquillement la machine sans me blesser. Ma saison sera balisée plus franchement au moment du tirage au sort de l'UTMB, dont j'attends les résultats le 16 janvier.

Bilan de reprise

31/01/2026

Les 2 premières semaines furent tâtonnantes, ponctuées notamment par un rassemblement d'entraînement intensif inter-coachs Tarzan Movement à Barcelone sur 3j, qui m'a mis au repos pendant plusieurs jours. N'ayant pas été tiré au sort à l'UTMB, j'ai choisi dans la foulée de m'inscrire au Nice by UTMB, version 100M. Cela signifie 165 km et 9000 m D+ / D-, une distance qui me met des étoiles dans les yeux. Ça y est, la saison est lancée, et d'ailleurs, j'ai décidé que ce serait mon seul dossard cette année.

Donc je suis reparti sur un cycle de préparation physique de 2 mois, avec la vocation d'aller jusqu'à début avril, date d'une aventure prévue de longue date avec l'ami Thomas : la traversée de la Chartreuse. Côté course à pied, je monte tranquillement le volume mais surtout, en me basant sur les principes de Scott Johnston (l'entraîneur des vainqueurs femme et homme de l'UTMB 2025), j'ai décidé de reprendre et développer les fractionnés longs en côtes. À cette fin, j'ai débuté par un 5x(3min rapide, 2min récup) dans une côte vers chez moi. Cette séance est passée étonnamment bien et m'a donné envie de poursuivre ce type de séances !

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Février

Les choses sérieuses reprennent

08/02/2026

Oui les choses sérieuses reprennent car aujourd'hui, c'était ma première vraie sortie longue depuis des mois. 32km 1900 m D+, avec de la pluie, des chemins de crêtes, des sentiers enneigés. Le genre de sortie difficile mais qui redonne confiance en sa capacité à endurer et à perdurer dans l'effort. Lesté à environ 5 kg pour reprendre en douceur l'entraînement spécifique, avec un gros projet OFF prévu pour début mai en ligne de mire. Un petit film de l'aventure est dispo en suivant ce lien.

Parcours de ma première sortie longue de l'année.

Use it or lose it, vous êtes sûr ?

26/02/2026

Sur la fin février, l'entraînement poursuit son cours avec une montée de volume tranquille et des semaines qui gravitent autour de 70-80km avec entre 2000 m et 3000 m D+/D-. Je suis assez étonné de voir comment mon corps a bien réagi à cette reprise depuis le début d'année, et comment il s'est vite remis dans le bain de la course à pieds sans perdre de masse musculaire malgré une longue période d'interruption. Moi qui étais matrixé par le fameux use it or lose it, je me rends compte que la réalité est plus complexe que cela. Cette observation m'a conduit à mener quelques recherches bibliographiques dont je vous livre certaines pistes de façon informelle, car j'y reviendrai dans un article futur.

Les cellules des muscles squelettiques forment ce que l'on appelle un syncytium, c'est-à-dire un espace continu de plusieurs cellules possédant chacune un noyau, mais partageant le même cytoplasme. Chaque noyau a une influence spatiale définie et, lorsque l'on impose aux muscles des stress impliquant notamment des charges comme dans le cas de la préparation physique ou la course à pieds, le nombre de noyaux augmente pour améliorer l'activité et l'efficacité musculaire. Le fait de disposer d'un grand nombre de ces noyaux implique une sensibilité plus élevée aux stress musculaires, et favorise la synthèse protéique dans le but de renforcer le muscle. D'après une étude de Gundersen et al. de 2016, ces noyaux pourraient, sauf pathologies spécifiques, persister de manière stable chez l'être humain durant plus de 15 ans, voire rester permanents. Lors de l'absence de stimulus important, ces noyaux ne sont donc pas éliminés. Ils rentrent dans un état de dormance fonctionnelle, mais restent activables au moindre stimulus mécanique pour assurer une synthèse protéique de maintenance. Ils constituent ce que l'on appelle la mémoire musculaire.

D'autre part, le remplacement de la course à pied par du mouvement primal pendant ces deux mois a fortement contribué à maintenir mes capacités musculaires. J'ai en effet découvert que, s'il existait un seuil de tension mécanique minimal pour stimuler l'hyperthrophie, il existe également un seuil, beaucoup plus faible, au-delà duquel l'atrophie musculaire est inhibée (voir Bonaldo et Sandri 2013). En effet, malgré un volume moindre, les mouvements au sol de type quadrupédie ont favorisé une force de tension continue dans l'ensemble de la chaîne abdominale, mais aussi dans les membres postérieurs et supérieurs, comparables à des entraînements en endurance de force (voir Buxton et al. 2024). Quant aux sauts de précision, ils ont contribué au maintien de l'édifice de par l'intensité des impacts à la réception, et par les contraintes excentriques fortes appliquées sur les quadriceps et les mollets. Ces derniers ont d'ailleurs été d'autant plus sollicités de par mes atterrissage sur l'avant du pied afin maximiser la dissipation de l'énergie cinétique sur la distance la plus courte possible. Cette activité m'a permis de stimuler les fibres rapides de type II, les premières dans la ligne de mire de l'atrophie musculaire (voir Encarnação et al. 2022), ainsi que les voies de signalisation mécanotransductrices mTOR, sujet sur lequel je reviendrai abondamment dans le futur.

Ce bloc, largement non exhaustif, et à visée purement explorative, permet je le pense de modérer la crainte du déconditionnement chez l'athlète souhaitant interrompre sa pratique sportive principale pendant une période plus ou moins prolongée. Durant ces deux mois sans trail, je n'ai pas vraiment eu l'impression de faire du sport, mais plutôt d'être dans le jeu et de développer mes capacités ancestrales de primate. Cela a, semble-t-il, suffit à préserver les qualités athlétiques nécessaires à la course à pieds, en plus de mettre à mal le dicton no pain no gain, auquel je ne souscris définitivement plus.

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Mars

Objectif 3x10min en côtes atteint

04/03/2026

Je ne pensais pas prendre autant de plaisir à effectuer ce travail d'intensité, qui m'a conduit à atteindre les 3x(10min rapide, 5min30 récup) en côtes. Si des adaptations physiologiques n'ont pas pu se produire en à peine quelques semaines, je pense en revanche que corps et esprit ont développé et entraîné une stratégie d'allure à effort minimal en côtes. En effet, mon RPE (pour Rate of Perceived Exertion) s'est stabilisé au fur et à mesure des semaines, ces séances devenant pourtant de plus en plus difficiles. Cela signifie que j'ai développé une allure optimale spécifique à la montée. Ce type de séances m'a permis de travailler mes qualités cardiovasculaires en minimisant l'impact d'un fractionné classique à plat sur les tendons, comme le préconise Scott Johnston dans sa philosophie d'entraînement (voir son livre Training for the Uphill Athletes, co-écrit, entre autre, par un jeune prodige catalan...).

Dans le détail, l'évolution de mes séances en côtes a ressemblé à ceci :

  • Semaine 1 : 5x(3min rapide, 2min récup)
  • Semaine 2 : 5x(4min rapide, 2min30 récup)
  • Semaine 3 : pyramidal 2min/1min30-3min/2min-4min/2min30-3min/2min-2min/1min30
  • Semaine 4 : 4x(6min rapide, 3min30 récup)
  • Semaine 5 (décharge) : 3x(5min rapide, 3min récup)
  • Semaine 6 : 3x(10min rapide, 5min30 récup)

À noter que toutes les séances de fractionné sont précédées d'au moins 15-20 min d'échauffement en endurance douce. La logique du calcul de fraction rapide/récup est basée sur celle décrite dans l'excellent Ultra-trail de Guillaume Millet, illustre inventeur, entre autres, du concept de la chasse d'eau (voir ici). Cette logique respecte l'équation suivante, si RR est la fraction rapide en minutes, et rr la fraction de récup : r=R/2+30s r = R/2 + 30 \text{s}.

Premier maratrail

06/03/2026

Ces temps-ci, l'envie d'aventure est forte, et les jambes répondent plutôt très bien. C'est donc le couteau entre les dents que je suis parti sur ce premier marathon de l'année. 44km 2100m D+/D-, avec une énième traversée du rocher du Caire et une longue promenade sur les hauteurs de Chalancon. Avec un sac chargé à 6.4 kg au départ, toujours en vue de préparer un OFF sur plusieurs jours en mai en autonomie complète (plus de détails plus loin dans le projet), je suis plutôt très satisfait des sensations et de ma capacité à endurer l'effort sur quasiment 7h. Un petit montage vidéo qui retranscrit cette aventure est disponible ici.

Parcours de mon premier marathon de l'année.

Projet OFF Monts du Lyonnais

14/03/2026

Cette aventure, prévue de longue date, revêtait plusieurs objectifs. D'abord, celui de réaliser un projet trail tous les trois avec Lolo et Rapace pour la première fois. Mais aussi, tester ma capacité à parcourir une longue distance (ici autour de 65km 3500m D+/D-) avec un sac lesté dans les conditions du 31 project à venir. J'ai donc préparé mon sac avec minutie, et celui-ci affichait 8.9kg sur la balance au début de l'aventure.

Contenu du sac Contenu du sac simulant les conditions du "31 project" lors de l'aventure dans les Monts du Lyonnais.

Si les premiers kms furent relativement difficiles, j'ai compris, par les lumières du bon Rapace, qu'il fallait un certain temps pour que toutes les filières énergétiques se mettent en place au moment de débuter un effort. Une fois celles-ci établies, le corps atteint un certain rythme de croisière qui, s'il est respecté, peut être tenu pendant de longues heures.

Gueux avant Les trois gueux au début de cette belle aventure.

Concernant le contenu de la sortie, on était sur un parcours qui serpentait les Monts du Lyonnais, probablement établi par un borneur fou, puisque nous ne comptions plus les moments où la trace était artificiellement rallongée par des bosses pour engranger du D+ additionnel. Comment en vouloir à cette personne ? Car dans le fond, on a vraiment kiffé.

En termes de ressenti, je n'ai jamais fait une sortie aussi longue qui s'est écoulée aussi rapidement. C'est incroyable comment le fait d'être à plusieurs dans l'effort transcende et modifie la perception du temps. Je n'en avais pas conscience dans une telle mesure. L'envie de réitérer l'expérience est très forte.

Après environ 12h30 d'effort, nous revînmes à Vaugneray, notre lieu de départ, sous la neige. Big-up à Paupau qui nous a fait la surprise de venir nous faire coucou au beau milieu d'un sentier random vers Yzeron, sous la neige et de nuit. Moment suspendu qui nous a touchés fort fort. Un résumé vidéo de cette aventure incroyable est disponible ici.

Gueux après Les trois gueux à l'arrivée de cette belle aventure.

OFF Monts du Lyonnais 65 km
Durée de locomotion :
0.00 km
Distance
0 m
D+
0 m
D−
Dernière position :

Replay du tracking OFF Monts du Lyonnais. Tu peux plier/déplier le bandeau altimétrique sur la carte, et voir sur celui-ci les données de distance/D+/D- à chaque point enregistré.

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Avril

Projet OFF Traversée de la Chartreuse

04/04/2026

Avril commence fort avec ce projet de longue date avec l'ami Thomas (Crasse l'ancien pour les intimes) : rallier Grenoble (chez moi) à Chambéry (chez lui) d'une traite en traversant la Chartreuse. Un itinéraire autour de 90 km 4500 m D+ / D-.

Notre départ, visé pour 7h30, se fait sur les chapeaux de roues lorsque, au moment de partir, je claque la porte en oubliant de retirer le double de mes clés d'appart sur la serures. La phrase « Sésame, ouvre-toi » a parfaitement fonctionné une fois délesté de 165 € par le serrurier 50 min plus tard (rire amer). Après cette première mise à l'épreuve du mental, nous pressentons que la journée va être belle, grâce à la météo de fou furieux qui nous attend. C'est la première vraie journée de printemps de l'année, avec un mercure annoncé autour de 24°C dans l'après-midi, une sorte d'éden pour une telle aventure.

Photo 1 Thomas et moi avant le départ et premier panoramas au niveau de la Bastille à Grenoble.

À mesure que nous nous engouffrons en Chartreuse, nous prenons conscience que la neige risque d'être un problème. Les faces exposées Nord, abondantes sur notre parcours, sont en effet recouvertes d'épais manteaux neigeux dès 1300 m d'altitude. Or, notre parcours contient de nombreux passages à plus de 1700 m, dont certains allant jusqu'à 2000 m. Évoluer dans la neige en sandales n'est pas chose aisée, surtout lorsque la couche avoisine les 50 cm. Après quelques heures à jauger la faisabilité, nous décidons d'adapter la trace, pour éviter les passages trop abrupts. C'est aussi ça l'aventure, savoir faire preuve de discernement, et être dans l'adaptation permanente.

Je dois avouer que ces changements d'itinéraires, qui réduisent de plus en plus la trace, affectent mon moral. Quand je vois que nous ne ferons pas 90 km, mais 85 km. Et puis en fait pas 85 km, mais 80 km. Et puis quoi encore ? Moi je voulais mes 90 km, faisant presque une fixette sur cette data. Après quelques heures de rumination, je prends conscience que mon mental s'égare dans la mauvaise direction. Je ne suis pas ici pour accumuler 70, 80, 90 ou même 100 km. Non, je suis là pour rallier Grenoble à Chambéry, avec mon poto Thomas. M'attacher aux datas comme je le fais est une impasse, puisqu'elle revient à considérer que ma motivation principale est dûe à des facteurs totalement extrinsèques. Ce n'est pas suffisant pour venir à bout d'un ultra. Au moment où je prends conscience de tout cela, mon mental switch, comme remis à l'endroit, et je me sens pleinement épanoui, en phase avec l'instant.

Nous décidons malgré tout, car nous sommes en quelque sorte des explorateurs, de tenter un passage très neigeux qui durera de longues heures. Malgré la raideur des pentes, évoluer dans la difficulté à deux dans ce décor incroyable nous procure une forme de plaisir inattendu. Plaisir décuplé lorsque la portion se termine et que nous retrouvons enfin la route. Fort heureusement, j'avais prévu dans ma besace une paire de Skinners pour arpenter la neige, celles-ci étant particulièrement adaptées pour ce type de terrains.

Photo 2 Let it snow, let it snow, let it snow !

La fin de la trace se fera sans encombre, de nuit, avec une pointe de frustration de mon côté que cela ne dure pas plus longtemps. J'en veux encore et ne suis pas rassasié. C'est bon signe, bien que le projet Fontaine-Rémuzat, qui arrive à grands pas, devrait m'apporter de quoi manger à ma faim. Du reste, un petit film de cette belle aventure est dispo en suivant ce lien. Maintenant, place au repos !

OFF Traversée de la Chartreuse
Durée de locomotion :
0.00 km
Distance
0 m
D+
0 m
D−
Dernière position :

Replay du tracking OFF Traversée de la Chartreuse. Tu peux plier/déplier le bandeau altimétrique sur la carte, et voir sur celui-ci les données de distance/D+/D- à chaque point enregistré.

Se préparer par l'hormèse

30/04/2026

Durant ce mois d'avril, après la traversée de Chartreuse, je n'ai que très peu couru, entretenant un volume autour de 40-60 km par semaine selon l'envie. J'ai par ailleurs abondamment développé ma pratique de mouvement primal, et je perçois une réelle progression, tant sur le plan athlétique, de la mobilité, mais aussi du système nerveux autonome qui parvient beaucoup mieux à gérer la hauteur. C'est fou comment tout s'entraîne, même quelque chose d'aussi instinctif que d'avoir peur de mourir parce qu'on est très haut.

En parallèle, avec l'arrivée des beaux jours et la hausse des températures, j'ai repris l'exposition au chaud dans mon hammam Jolt. Au début timidement, puis de plus en plus franchement avec entre 4 et 5 sessions par semaine d'une durée de 15-18 min. Car si je n'ai pas vraiment de problème à gérer le froid, j'ai plutôt du mal avec le chaud, et je me dis qu'au plus vite je m'y prépare, au plus vite j'y suis adapté. J'ai senti une réelle évolution au fil des semaines dans ma capacité à tolérer le chaud, et même si je n'ai pas de donnée quantifiable à fournir, j'ai la conviction que cet entraînement me servira pour l'été, et à plus court terme, pour le projet Fontaine-Rémuzat.

Enfin, et c'est probablement le plus gros changement que j'ai opéré ces derniers mois : j'ai repris le jeûne intermittent depuis maintenant 6 semaines. C'est une pratique que j'avais expérimentée pendant près de 2 ans entre 2023 et début 2025, me rendant compte que je n'avais jamais vraiment faim au réveil, et que je mangeais plus par habitude. J'avais interrompu cette pratique début 2025, quelques mois après avoir repris un job d'ingénieur, car je sentais que mes besoins d'énergie n'étaient plus couverts. Je me sentais faible le matin, j'avais des dalles énormes dès 10h du matin, et je n'arrivais plus à me concentrer correctement, alors même que le matin est ma période privilégiée pour le deep work. Connaissant les dangers, et les causes du sur-entraînement, j'avais préféré lâcher l'affaire et reprendre des petits-déjeuners. Jusqu'à ce que je visionne courant mars, le documentaire Arte Le jeûne : enquête sur un phénomène. Ce fut une révélation et je pris conscience que mon corps était littéralement fait pour jeûner, et que l'en priver revenait à me priver d'un nombre incalculable de bienfaits parmi lesquels l'autophagie cellulaire via l'activation de la filière AMPK. J'ai donc décidé de reprendre, mais en ne répétant pas les mêmes erreurs, à savoir jeûne ≠ manger moins. Juste manger la même chose sur des fenêtres de temps plus resserrées. Les premières semaines furent difficiles mais je vis rapidement que mon niveau d'énergie était globalement bien plus élevé, et que mon envie de manger le matin diminuait de jour en jour. Ce que j'ai fait en gros, c'est que j'ai déplacé mon petit déj vers le goûter, autour de 15-16h (je ne prenais pas de goûter avant). Donc je mange exactement les mêmes choses qu'avant, mais j'observe une fenêtre de jeûne d'entre 14 et 16h tous les jours. Cela fait une différence majeure en terme de récupération, j'en suis désormais convaincu par la pratique. Je reviendrai sur la pratique du jeûne intermittent plus en profondeur dans un prochain article, car il y a tellement de choses à raconter sur le sujet !

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Mai

Préparatifs du projet Fontaine-Rémuzat

01/05/2026

La genèse du projet

À la veille de m'élancer sur ce projet que je fomente depuis des mois, je ne réalise pas vraiment. À la base, l'idée a germé en début d'année, en voulant prendre une forme de revanche sur ma traversée de la Réunion avortée en novembre 2025. J'avais dans un coin de ma tête que ce sentier de Grenoble à Rémuzat faisait autour de 100 miles, et l'idée d'évoluer en autonomie dans un contexte différent de celui de la Réunion me faisait de l'oeil. J'ai donc rapidement établi une trace avec l'outil de tracé de komoot. Verdict : 158 km 7500 m D+ / D-. Boum, le genre de stats qui fait instantanément palpiter mon coeur et pétiller les yeux. Je ne réfléchis pas plus, et acte que j'effectuerai ce voyage au printemps, début mai, période concomitante avec la célébration de mes 31 bougies.

Mais au fil du temps, je me rends compte que quelque chose cloche. Que cette seule volonté de parcourir 100 miles ne suffit pas vraiment à faire s'embraser l'étincelle. Je prends alors conscience, un soir d'avril, que le moment où je compte m'élancer, le 1er^\text{er} mai, est la date à laquelle un être qui m'a été très cher, Jean-Phi, est décédé 3 ans jour pour jour auparavant. La vie ayant défilé bien vite depuis cette perte douloureuse, je me rends alors compte que je n'ai jamais réellement pris le temps de lui rendre hommage. Tout du moins, pas d'une manière qui me corresponde vraiment. L'évidence m'apparaît alors : cette aventure, elle est pour Jean-Phi, à 100%. D'autant que les choses sont bien faites, et que le Vercors était son terrain de jeu d'enfance, tandis que Rémuzat, le lieu de ce qui devait être sa paisible retraite. La symbolique est forte. Aller m'immerger en profondeur dans cette nature sauvage pendant des dizaines et des dizaines d'heures pour rentrer dans une sorte de dialogue intime entre lui et moi, la voilà ma manière de lui rendre hommage.

Photo Jean-Phi et moi Coucou Jean-Phi :')

Caractéristiques du projet

La trace finale est téléchargeable un peu plus bas, dans l'encart du live-tracking. Concernant le déroulé, je pars sur une autonomie complète. Aucun objectif de durée, le but de cette quête étant justement de s'affranchir des données qui, je cite Éric Lacroix avec qui je travaille en ce moment "viennent APRÈS l'effort". Côté couchage, l'affaire n'a pas été simple puisque, ne sachant pas réellement si j'allais m'arrêter pour dormir, je souhaitais un système le plus léger possible, mais à la fois rapide à installer et qui puisse me permettre de m'arrêter dans les pires conditions possibles, c'est-à-dire à 1900 m, sous la pluie ou la neige éventuelle. J'ai donc opté pour un équipement minimaliste mais fonctionnel, avec un tarp (que je n'utiliserai que s'il pleut), un duvet Cumulus Xlite 300, un bivy Escape Lite, un sac à viande en soie, et un matelas en mousse Decath MT500 découpé juste à la taille de mon buste (n'incluant pas les bras). Avec un tel système, j'arrive à un couchage robuste et modulable, me permettant d'encaisser des températures très basses (jusqu'à -10°C en confort), mais également très léger, avec un poids autour de 1.3 kg. Je me suis d'ailleurs entraîné à plier/replier tout mon système plusieurs fois pour être le plus efficace possible pour installer mon camp en cas d'urgence.

Entraînement campement Entraînement intensif de pliage/repliage de couchage par 28°C (lol).

Côté alimentation, je pars sur du classique avec :

  • x14 boule d'énergie amandes/dattes (330 g)
  • x12 boule d'énergie amandes/cramberries (290 g)
  • x10 barre avoines/cacahuètes/amandes/miel (350 g)
  • x10 dose de boisson isotonique (350 g)
  • x1 saucisson (250 g)
  • x1 bloc d'emmental (250 g)
  • x5 gel caféine coca (308 g)
  • x4 plat lyophilisé (480 g)

pour un total d'environ 2.6 kg. Concernant le matos dans le sac, voici le contenu :

Couchage

  • Gatewood cape (310 g)
  • x5 Sardines (50 g)
  • Matelas mousse MT500 découpé (190 g)
  • Bivy Escape Lite (155 g)
  • Sac de couchage Cumulus Xlite 300 (515 g)
  • Sac à viande soie (110 g)

Hydratation

  • Hydrapak Contour 2L (142 g)
  • x2 Salomon Soft Flask 500 mL (66 g)
  • Hydrapak Stow 1L (57 g)
  • Sawyer Micro Squeeze (50 g)

Multimédia

  • GoPro HERO 8 Black (103 g)
  • x2 Batterie GoPro (46 g)
  • x2 Batterie externe Nitecore Gen 2 (300 g)
  • x2 Galaxy S21 (380 g)
  • Montre Coros APEX 2 Pro (53g)

Trail

  • Salomon S/Lab Adventure 20 (485 g)
  • Bâtons Leki Crosstrail FX One 125 cm (182 g)
  • Lampe frontale STOOTS Kiska II (38 g)
  • x2 Batterie lampe frontale Kiska II (92 g)
  • Julbo Fury Photochromic 1–3 (25 g)
  • Mini couteau (77 g)
  • Cuillère en titane (18 g)

Vêtements

  • Veste Raidlight Ultralight 3.0 MP+ (185 g)
  • Pantalon Zaros (225 g)
  • Gants Decathlon Evolutiv (57 g)
  • Sur-mouffles Raidlight Ultralight MP+ (20 g)
  • Bob Aventure Raidlight (50 g)
  • Manchettes Performance Raidlight (30 g)
  • T-shirt Salomon (70 g)
  • Short On Ultra Shorts (150 g)
  • Caleçon long Decathlon (120 g)

pour un total de 4.3 kg. En ajoutant à cela les liquides, de 9.7 kg. Cela représente une belle masse, néanmoins je garde en tête que ce paquetage est voué à se réduire progressivement en même temps que ma consommation d'aliments. En plus, j'ai beaucoup utilisé mon gilet lesté à 12 kg ces temps-ci, une quinzaine de minutes tous les jours en faisant la vaisselle, préparant à manger, ou en faisant de la mobilité. Donc finalement, ce paquetage me semble relativement léger ! Eh bien voilà, on dirait qu'il n'y a désormais plus qu'à ! :)

Matos traversée du Vercors Paquetage complet.

Projet OFF Fontaine-Rémuzat

02/05/2026

Suivi en direct
Durée de locomotion : 0h00min00s
0 km
Distance
0 m
D+
0 m
D−
Dernière màj :

Tracking actualisé toutes les 30 s ou 25 m environ. Si la position tarde à s'actualiser, la couverture réseau est temporairement réduite. Tu peux déplier/plier le bandeau altimétrique sur la carte, et voir sur celui-ci les données de distance/D+/D- à chaque point enregistré.